Une journaliste de France 2 qui avait réalisé un reportage sur la DCRI a eu des infos de la part de sources policières et contre terrorisme sur Mohamed Merah, le tueur de Toulouse et Montauban.
D’après ses sources et elle, Mohamed Merah avait des “tendances schizophrènes” (sic, l’adjectif de schizophrène étant schizophrénique).
Réécoutez ses propos à la fin du 2e reportage dans la vidéo de rattrapage d’Envoyé Spécial (visionnable dans un délai de 7 jours après diffusion de l’émission du 22 mars 2012).
Voici aussi ce qu’a dit Bernard Squarcini, directeur central du renseignement intérieur (la DCRI qui est née de la fusion de la DST et d’une partie des RG) :
“C’est un Janus, quelqu’un qui a une double face, explique le chef de la DCRI. Pour avoir fait ce qu’il a fait, cela relève davantage d’un problème médical et de fanatisme que d’un simple parcours jihadiste.”
Or
1/ la double personnalité n’a rien à voir avec la schizophrénie, contrairement à la croyance populaire et à la doxa.
2/ on dispose du témoignage du psychologue Alain Penin qui a plus de compétences en examen psychiatrique que des policiers de la DCRI ou des journalistes :
interview du psychologue qui a expertisé Mohamed Merah en prison suite d’un refus d’obtempérer à un contrôle routier.
Le psychologue a réalisé l’expertise de Mohamed Merah en 2009. Il a livré à l’AFP sa perception du jeune homme.
Voici ce qu’il dit :
. Mohamed Merah “est aussi influencé par l’arrivée d’un beau-père «avec un profil de radical islamiste» dans son cercle familial.”
. “conduites antisociales”
. “troubles anxieux assez importants”
. “dispositions anti-sociales : vol, sacs volés à l’arraché, agressions”
. “passages à l’acte (violents) pour gérer ses sentiments abandonniques” (les parents de Mohamed Merah ont divorcé quand il avait 5 ans et son père est reparti en Algérie quand Mohamed Merah était adolescent)
. “narcissique”
. “garçon extrêmement fragile, anxieux, en difficulté, très fragile affectivement, avec une organisation un peu névrotique de sa personnalité”.
(note : la névrose et les psychoses, comme la schizophrénie, sont 2 choses différentes)
. “plusieurs pôles de personnalité”
Ce psychologue a aussi été interviewé sur France Inter (suivre ce lien).
Voici un autre témoignage de psychiatre :
“Psychopathe ? Ça veut tout et rien dire, résume le docteur Bertrand Garnier, dans La Voix du Nord. Il y a des maladies mentales bien identifiées (schizophrénie, maladie bipolaire…) et il y a des personnes qui ont des troubles de la personnalité, plus ou moins proches de la norme.” Mohamed Merah “a manifestement un trouble de la personnalité, mais on ne peut pas affirmer qu’il avait une maladie mentale (des voix dans la tête…) sans l’avoir examiné.”
Il faut plutôt rapprocher Mohamed Merah des “born again christians” pour comprendre son salafisme et son retour à la religion de ses parents algériens.
DONC STOP AUX AMALGAMES, LES SCHIZOPHRENES NE VEULENT PAS ETRE ASSIMILES A MOHAMED MERAH.
Parler de “folie” à la rigueur, c’est un mot tellement vague dans lequel ne se reconnaissent plus les schizophrènes et que n’emploient plus les psychiatres pour parler des schizophrènes.
